Conflit de la canne en Guadeloupe : entre tensions et négociations

La situation en Guadeloupe reste tendue alors que le blocage de Jarry continue de paralyser l’accès au principal hub économique de l’archipel. Au cœur de cette crise, les planteurs de canne expriment des revendications profondes, face à des propositions jugées insuffisantes par les usiniers, et une réaction mesurée des autorités locales.

Revendications des planteurs

Les planteurs de canne en Guadeloupe demandent principalement une augmentation du prix de la tonne de canne, essentielle pour couvrir les coûts de production qui ont sensiblement augmenté. Ils réclament également un remboursement pour les sommes indûment perçues par les usiniers et insistent sur la nécessité de garantir des conditions favorables pour la pérennité de la filière canne-sucre-rhum-énergie, qu’ils considèrent comme vitale pour l’économie locale.

Propositions des Usiniers

En réponse, l’usine cannière Gardel a proposé une aide de 500 000 euros aux planteurs, une offre qui a été refusée par le collectif des planteurs estimant que ce montant ne répond pas à leurs attentes. L’usine a également suspendu temporairement certaines mesures, en attendant de trouver un accord définitif.

Crise dans la canne à sucre : deux mois de tensions en Guadeloupe

La crise de la canne en Guadeloupe, qui dure depuis plus de deux mois, a considérablement affecté le déroulement de la campagne sucrière de 2024. Initialement retardée, la récolte a vu les planteurs de canne, unis sous la bannière du Kolèktif des Agriculteurs, exprimer fermement leurs revendications pour une revalorisation du prix de la tonne de canne. Ces demandes surviennent après une campagne de 2023 jugée catastrophique, exacerbant les tensions entre les agriculteurs et les autres acteurs de la filière, notamment l’usinier Gardel.

Les planteurs exigent que le prix de la tonne de canne soit fixé à 120€, un tarif qu’ils jugent juste et nécessaire pour maintenir la viabilité de leurs exploitations. Ils accusent les syndicats agricoles de ne pas défendre adéquatement leurs intérêts, surtout après une série de réunions où ils se sont sentis méprisés et ignorés par les décideurs, y compris lors d’absences notables lors de discussions cruciales. Ces tensions ont culminé avec la décision des planteurs de bloquer l’usine de Gardel, soulignant leur mécontentement face à un système de calcul du prix de la canne qu’ils considèrent comme archaïque et inéquitable.

Réactions des Autorités Locales

Les autorités locales, représentées par le préfet Xavier Lefort et les présidents des conseils régional et départemental, ont convoqué une réunion de négociation avec toutes les parties impliquées. Elles cherchent à faciliter un dialogue constructif et à dénouer le conflit, soulignant l’importance de préserver à la fois l’ordre public et les intérêts économiques de l’île.

Positions des organisations patronales

L’UDE-MEDEF Guadeloupe a fermement condamné les blocages, arguant que ces derniers paralysent les activités économiques vitales pour la région, touchant principalement les petites et moyennes entreprises. De son côté, l’Intersyndicale des producteurs de canne défend la légitimité de leur lutte, remerciant la population pour son soutien et critiquant l’attitude du Directeur Général Délégué de Gardel SA pour son manque de coopération.

Dernière Minutes
Accord signé : Une avancée majeure dans le conflit de la canne à sucre

La signature d’un accord historique ce vendredi 26 avril en Guadeloupe marque un progrès significatif dans le conflit opposant les planteurs de canne à sucre à l’usine de Gardel. Après des semaines de négociations ardues et de blocages, les représentants de l’État, de la Région et du Département ont finalement trouvé un compromis répondant aux préoccupations des agriculteurs.

Avec un financement total de plus de 2,25 millions d’euros, cet accord représente un premier pas vers une rémunération plus juste pour les planteurs. Cependant, le préfet Xavier Lefort souligne qu’il reste encore des ajustements à effectuer concernant la valorisation de la richesse, soulignant ainsi la nécessité d’une surveillance continue pour garantir une rétribution équitable des travailleurs agricoles. La levée progressive des blocages à Jarry, qui avait paralysé la région, témoigne de l’apaisement des tensions et ouvre la voie à un retour à la normale dans la région.

Christian Baptiste appelle à un changement radical

Christian Baptiste, député de la 2ème circonscription de Guadeloupe, a exprimé son indignation face aux conditions persistantes qui affligent les producteurs de canne à sucre de l’île, un conflit qui s’enracine dans des pratiques jugées inéquitables datant de plusieurs décennies.

Christian Baptiste a plongé au cœur de ce dossier épineux en collaborant avec un collectif de petits planteurs, et ce qu’il a découvert l’a profondément choqué. Selon lui, ces producteurs se battent contre un système qui les exploite depuis l’adoption du décret du 1er avril 1964, qui régule la rémunération basée sur la richesse saccharimétrique de la canne. Cette formule, aujourd’hui contestée, a été perçue comme une injustice persistante par la communauté agricole locale.

Le député dénonce une situation où les planteurs ne parviennent pas à couvrir leurs coûts de production, sans parler de réaliser un bénéfice. « Ils sont en train de se faire avoir depuis près de 60 ans », a-t-il déclaré dans une interview sur RCI Guadeloupe, ajoutant que les producteurs actuels refusent de continuer sur cette lancée.

Le financement semble être un autre point critique. Alors que l’État et l’Union européenne investissent des millions d’euros dans le secteur, la répartition de ces fonds favorise disproportionnellement l’industrie plutôt que les agriculteurs eux-mêmes. Christian Baptiste a cité des chiffres indiquant que sur 70 millions d’euros, 25 millions sont alloués à l’industriel et seulement 45 à 50 millions aux producteurs.

Un des plus grands industriels de la région, identifié comme l’un des hommes les plus riches de France, semble être au cœur de cette controverse. Malgré une fortune personnelle significative, la résistance au dialogue et au changement de la part de cette élite économique est un sujet brûlant. Christian Baptiste critique le manque de volonté de cet industriel à participer équitablement au développement économique des planteurs.

L’impasse semble totale, avec peu de progrès malgré les interventions des politiques locaux et des représentants de l’État. Le modèle économique de la filière canne, selon le député, doit être complètement revu. « Il faut tout remettre à plat, » insiste-t-il, appelant à une réévaluation complète des pratiques actuelles pour garantir une distribution équitable des revenus et une amélioration substantielle des conditions de vie des producteurs.

Les prix planchers en agriculture: Un remède pire que le mal ?

La proposition de mettre en place des prix planchers pour soutenir les agriculteurs en Guadeloupe et en france a récemment suscité de vifs débats. Alors que certains voient dans cette mesure un moyen nécessaire pour garantir des revenus stables aux producteurs, d’autres craignent que cette intervention ne conduise à des distorsions économiques majeures et à une inefficacité du marché. Diverses perspectives sont examinées pour analyser les arguments entourant les prix planchers et évaluer leur impact potentiel sur le secteur agricole et les consommateurs.

Contexte de la proposition

Face à la précarité croissante des revenus agricoles, exacerbée par les fluctuations des prix mondiaux et les coûts de production en hausse, la proposition de prix planchers vise à offrir une certaine stabilité financière aux agriculteurs. Ce système garantirait un minimum de revenu quelle que soit la situation du marché, offrant ainsi une bouée de sauvetage financière aux exploitants agricoles.

Les inconvénients soulevés

Cependant, les critiques de cette mesure soulignent plusieurs points faibles significatifs. Premièrement, il est extrêmement difficile de fixer un prix plancher qui soit juste et équitable pour tous les types d’agriculture à travers les diverses régions notamment en Guadeloupe et en Martinque. En outre, un prix garanti pourrait dissuader l’innovation et l’efficacité, en récompensant potentiellement les pratiques agricoles moins compétitives et moins durables.

Deuxièmement, un prix plancher fixe pourrait, paradoxallement, se transformer en un plafond de prix, où le marché se stabiliserait au minimum garanti sans encourager les producteurs à améliorer la qualité ou l’efficacité. Cela pourrait conduire à une stagnation générale dans le secteur.

Impact sur la compétitivité et les consommateurs

Un autre point critique concerne la compétitivité internationale de l’agriculture française. Dans un marché global où les prix sont dictés par une concurrence internationale féroce, les prix planchers pourraient rendre les produits guadeloupéens et français moins attractifs sur le marché mondial, limitant ainsi les exportations. Si les prix mondiaux baissent en dessous du plancher français, cela pourrait également encourager les importations, mettant en péril les producteurs locaux.

Pour les consommateurs, l’impact serait également tangible. Les prix minimums pourraient se traduire par des coûts plus élevés au détail, réduisant ainsi le pouvoir d’achat général et augmentant le coût de vie. Dans une économie où la sensibilité aux prix est une préoccupation majeure pour de nombreux ménages, cette mesure pourrait être vue comme contraire aux intérêts des consommateurs.

Appel à une réforme plus profonde

Plutôt que d’adopter des mesures protectionnistes, certains experts et économistes appellent à une réforme plus profonde de la politique agricole. Ils suggèrent d’améliorer la transparence dans la chaîne de valeur agricole, de prendre en compte les coûts de production réels et d’encourager les pratiques agricoles durables qui pourraient être plus résilientes face aux défis du marché.

Conséquences économiques en Guadeloupe

Le conflit a des répercussions économiques significatives pour les planteurs de canne. Les coûts accrus de production, couplés à des prix de vente insuffisants, mettent en péril la rentabilité de leurs exploitations. Cette situation risque non seulement de diminuer la production de canne, mais également de réduire les revenus des familles dépendant de cette culture, exacerbant la vulnérabilité économique dans une région déjà confrontée à des défis structurels.

Dans ce climat de crise en Guadeloupe, le besoin d’une solution équitable et durable est plus pressant que jamais, avec l’espoir que les négociations en cours puissent aboutir à un compromis satisfaisant pour toutes les parties prenantes de cette filière essentielle à l’économie guadeloupéenne.

Jean-Yves FRIXON

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