Madame, Monsieur, bonjour. La nuit a été mouvementée en Guadeloupe. Plusieurs interventions des sapeurs-pompiers pour des feux de véhicules et de détritus. Une série d'incendies, principalement liés à des feux de véhicules et de poubelles, a mobilisé les pompiers de Guadeloupe au cours de la nuit. Si plusieurs situations ont pu être rapidement maîtrisées, certaines interventions ont nécessité l'intervention conjointe des forces de sécurité intérieure. Un point de situation marqué par de multiples départs de feu. La chronologie des événements fait état de plusieurs interventions simultanées sur l'archipel. Sainte-Anne, ou encore du côté du Gaudier, au niveau de Margaillard, un feu de véhicule s'était déclaré en travers de la chaussée. L'intervention d'un engin feu a permis de boucler l'instaction avec succès. Aux abîmes, au lotissement de Loumeaux, trois voitures ont pris feu sur un terrain vague. Deux véhicules roulants et un hors d'usage. L'intervention menée par un engin feu, un camion-citerne de grande capacité et les forces de sécurité intérieure est désormais terminée. Sur la RN1, dans le sens basse terre pointe à pitre, un feu de détritus a nécessité l'envoi d'un engin feu, d'un contingent des forces de sécurité ainsi que des équipes de route de Guadeloupe. Là aussi, l'intervention est close. A Montebello, un feu de barrage a été signalé au niveau du rond-point, confirmé par la gendarmerie nationale présente sur place. Aucune demande d'engagement des sapeurs-pompiers n'a toutefois été formulée pour ce site. Et puis à Vieux-Habitants, sur le boulevard du Capitaine Nicolas, un feu de poubelle a requis l'engagement d'un engin feu à la demande de la gendarmerie nationale. Une intervention qui était toujours en cours très tôt ce matin. Et puis grâce à la mobilisation rapide des moyens engagés alliant engin-descendie, camion-citerne et coordination avec les forces de l'ordre, la majorité des situations signalées en début de nuit ont pu être stabilisées ou totalement résolues. Faut-il y voir un lien avec la tension sociale du moment en Guadeloupe ? En tout cas, un collectif a lancé un ultimatum aux autorités sur les carburants, l'eau et l'emploi. La situation sociale menace de se durcir. Un vaste rassemblement d'organisations économiques, syndicales et citoyennes vient d'adresser une lerte ouverte aux plus hautes autorités du territoire, assortie d'un ultimatum de huit jours pour obtenir des engagements concrets. Un front uni et un message sans détour réunissant, je vous l'ai dit, un large panel d'acteurs de la société civile, parmi lesquels l'intersyndicale des Pêcheurs, l'UPG, la FRBTP, la FTPE, la CAPEG, le SNEG, ainsi que de nombreux collectifs et autres syndicats professionnels. Le mouvement affiche sa fermeté. Nous avons assez parlé, nous en avons assez de parler et de demander. Ce courrier de revendication a été transmis directement aux préfets, aux élus régionaux, aux présidents d'intercommunalité et aux parlementaires guadeloupéens. Et il repose sur trois piliers majeurs. Le carburant à un euro le litre. C'est la mesure phare exigée par ce collectif qui demande à l'État d'activer immédiatement tous les leviers disponibles. Fiscalité, régulation des marges, mécanisme de prix et compensation. L'accès à l'eau potable. Les signataires réclament une obligation de résultat clair garantissant une eau de qualité continue et en quantité suffisante pour tous accompagnée d'un calendrier précis pour l'assainissement. Et également la protection de l'emploi et de l'activité. Une concertation urgente est exigée face à la multiplication des liquidations d'entreprises afin de préserver le tissu économique local. Le collectif laisse désormais huit jours aux institutions et élus destinataires pour fixer une date de réunion de travail. Passé ce délai, les organisations préviennent qu'elles prendront leurs responsabilités et décideront des suites à donner à leur mouvement. Une pression maximale exercée sur les décideurs publics alors que planent la menace d'un nouveau conflit social d'envergure à l'approche d'événements majeurs pour l'archipel comme la route du Rhum. Le préfet était à la rencontre des marins pêcheurs justement de Sainte-Rose mais sous fond de tension. Thierry de Vimeux s'est rendu sur le port de Sainte-Rose pour un échange direct et parfois agité avec les marins pêcheurs. Cette visite de terrain intervient dans un contexte de tension persistante alimentée par l'essoufflement économique du secteur et la contestation d'un arrêté préfectoral pris il y a un an. Ce texte qui encadre strictement la capture de certaines espèces et restreint l'usage d'engins jugés peu sélectifs suscite l'incompréhension des professionnels qui estiment être étranglés par les contraintes réglementaires. Malgré la fronde, le représentant de l'état a fermement maintenu sa position estimant indispensable préserver une ressource halieutique menacée par la surpêche et le changement climatique. Au-delà de ce cadre juridique dont le recours en cassation est en cours après un rejet initial au tribunal administratif, les pêcheurs ont alerté sur le cumul des crises environnementales à la problématique récurrente des sargasses et de la pollution. Cela ajoute désormais la prolifération inquiétante d'algues rouges en profondeur ainsi que les répercussions des rejets d'eaux usées. Face à ce climat d'urgence économique, le préfet a promis d'examiner les doléances en lien étroit avec le comité des pêches et la direction de la mer sans pour autant céder sur la suspension de l'arrêté. Reste à savoir si cette main tendue sur le terrain suffira à apaiser un dialogue durablement fragilisé. Et puis on termine avec cette nuit de violence à Loricisca, une fusillade qui a fait plusieurs blessés au lendemain d'un incendie de bateau à Loricisca. C'est vrai que la nuit a été agitée après l'incendie de plusieurs navires la nuit précédente. Ce nouveau drame s'est noué avec une fusillade ayant fait plusieurs blessés graves pris en charge par les secours. Selon une source policière, la fusillade a éclaté dans la nuit. Des coups de feu ont retenti peu avant 22h, touchant par balle au moins trois personnes. Rapidement alertés, les sapeurs-pompiers et l'équipe médicale du SAMU sont intervenus sur place pour porter secours aux victimes. Retrouvées conscientes, l'une d'elles souffre de blessures aux membres inférieurs. Les deux autres ont été plus grièvement touchées, respectivement aux flancs et à l'abdomen. L'intervention des secours et les forces de l'ordre s'est prolongée pour sécuriser la zone et porter assistance aux blessés. Cet épisode de violence survient, on l'a dit, au lendemain d'un autre événement marquant dans le même quartier où huit bateaux avaient pris feu. Sept d'entre eux ont été totalement détruits. Les propriétaires, venus constater les dégâts dans la matinée, s'interrogeaient alors sur l'origine criminelle ou accidentelle de ce sinistre. Une double enquête de police est désormais ouverte pour faire la lumière sur ces faits successifs et déterminer les responsabilités dans cette escalade de la violence sur ce secteur. Voilà pour l'essentiel de l'information, excellente journée.














