
L'ancien président du festival « All Day In », Christophe Céril, a été reconnu coupable de détournements de fonds, entraînant une peine de dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis et une interdiction de gérer pendant cinq ans.
Lors d'une audience au tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre, le verdict a été rendu concernant des actes de gestion frauduleux ayant eu lieu avant 2020. Céril, âgé de 38 ans, a été accusé d'abus de biens et de crédit d'une société à des fins personnelles, ainsi que d'altération de la vérité et d'usage de faux en écriture. Les investigations ont révélé un détournement estimé à plus de 300 000 euros, principalement issus des ventes de billets pour le festival.
Les équipes qui ont pris la relève de l'organisation du festival ont toujours nié tout lien avec les accusations pesant sur leur prédécesseur. Lors de son procès, Céril a contesté les faits, soutenant que les sommes disparues avaient été distribuées à des artistes et prestataires, affirmant même que sa rémunération était liée à sa passion pour l'événement.
Des témoignages à l'audience ont mis en lumière une gestion opaque du festival. Un ancien partenaire a expliqué que dès la deuxième édition, la gouvernance était devenue floue, entraînant des déficits et l'absence de bilans financiers. Ce dernier a décidé de se retirer après la troisième édition, face à des pratiques de gestion douteuses, notamment des avances de fonds non justifiées pour des artistes.
Le ministère public a souligné que de nombreuses transactions, y compris des chèques et des retraits d'espèces, avaient été réalisées sans justificatifs, appauvrissant ainsi la société. Les attestations présentées par Céril n'ont pas convaincu le tribunal, qui a noté qu'il avait été le seul à gérer les fonds en espèces reçus lors des entrées au festival.
La décision du tribunal inclut également la confiscation d'un bien immobilier situé au Gosier, marquant ainsi une étape significative dans cette affaire qui soulève des questions sur la transparence et la gestion des événements culturels en Guadeloupe. Cette condamnation pourrait avoir des répercussions sur la confiance du public et des partenaires envers les festivals locaux, impactant potentiellement l'économie du secteur culturel dans la région.














