Christian Lara : L’étoile du cinéma antillais s’est éteinte

L’horizon cinématographique s’obscurcit aujourd’hui avec la disparition d’une icône, Christian Lara. Immense figure du cinéma, scénariste, caméraman et producteur emblématique originaire de la Guadeloupe, sa disparition laisse un vide dans le cœur de tous les amoureux du septième art. Né à Basse-Terre le 25 janvier 1939, il s’était imposé comme le véritable maître d’œuvre du cinéma antillais.

Des débuts prometteurs en métropole

Christian Lara a fait ses premiers pas dans les rues animées de Paris. C’est ici qu’il a donné naissance à des classiques comme « Jeu de Dames » et « Les Infidèles ». Son amour pour le cinéma l’a guidé à travers divers genres, expérimentant parfois avec des films audacieux, avant de se plonger dans son œuvre poignante « Un Amour de Sable », offrant des rôles mémorables à Jacques Waber et Anne Parillaud.

Le retour aux racines : Le cinéma antillais

Durant les années 1980, Lara redirigea ses ambitions vers les Antilles, cherchant à créer une narration qui résonnerait avec ses compatriotes. Des joyaux comme « Coco La Flaur » et sa suite en sont nés. Son succès l’a propulsé sur des terrains plus politiques, offrant des critiques cinglantes et émotionnelles avec des films comme « Sucre amer » et « 1802, l’Épopée guadeloupéenne ».

Les récentes œuvres de Lara montrent une transition vers des thèmes plus introspectifs et personnels. « AL », son chef-d’œuvre final, met en lumière la dure réalité de la maladie d’Alzheimer, soulignant sa maturité et sa capacité à évoluer avec le temps.

Un héritage indélébile

L’empreinte de Christian Lara sur le cinéma antillais est profonde. Avec près de trente films, réalisés souvent dans des circonstances financièrement exigeantes, il a tracé la voie pour d’autres. Il n’était pas seulement un cinéaste, mais un mentor pour de nombreux jeunes réalisateurs antillais.

Ses débuts en tant que journaliste pour Le Figaro à Paris ont aiguisé son œil critique, lui permettant de faire la transition vers le cinéma avec une perspective unique. Son amour inconditionnel pour les Antilles l’a poussé à raconter des histoires qui résonnaient avec authenticité, que ce soit à travers des lentilles sociales, historiques ou politiques.

« L’Homme au Bâton« , l’une de ses dernières œuvres, est une représentation éloquente de cet engagement. Il a créé une symbiose entre la Guadeloupe et le Burkina Faso, renforçant les liens culturels et le pouvoir unificateur du cinéma.

Quelques œuvres signées Christian Lara (Réalisateur)

1973 : Jeu de dames (ou Sex Revolution ou L’Institutrice) (également scénariste)
1973 : Les Infidèles
1976 : Corps brûlants (également scénariste et cadreur, crédité sous le pseudonyme de Bart Caral
1977 : Un amour de sable (également scénariste)
1977 : Déchaînements charnels (également scénariste, crédité sous le pseudonyme de Bart Caral)
1978 : Jeux de minettes (également scénariste, crédité sous le pseudonyme de Bart Caral)
1979 : Coco la Fleur, candidat (également scénariste)
1980 : Mamito (également scénariste)
1980 : Chap’la (également scénariste)
1980 : Vivre libre ou mourir (également scénariste)
1982 : Une glace avec deux boules… (également scénariste)
1983 : Adieu foulards (également scénariste)
1987 : Black (également scénariste)
1993 : Une Sacrée chabine (également scénariste et monteur)
1998 : Sucre amer (également scénariste)
2004 : 1802, l’Épopée guadeloupéenne (également scénariste)
2004 : Un homme à femmes (également scénariste)
2004 : Cracking Up (également scénariste)
2009 : Le Mystère Joséphine, téléfilm
2010 : Héritage perdu (également scénariste)
2011 : Tout est encore possible (également scénariste et monteur)
2012 : Pani pwoblem (également scénariste)
2012 : The Legend (également scénariste et cadreur)
2012 : Summer in Provence (également scénariste)
2016 : Esclave et courtisane
2017 : L.D Légitime Défense (en production)
2018 : Yafa – Le pardon10

Christian Lara Producteur

1973 : Jeu de dames
1998 : Sucre amer
2004 : Point sublime, film de Christian Dob
2009 : Le Mystère Joséphine, téléfilm coproduit avec Bicéphale Production et France Télévision
2011 : Tout est encore possible
2012 : Pani pwoblem
2012 : The Legend
2012 : Summer in Provence

Autres œuvres

1974 : Cours du soir pour monsieur seul (ou L’Annonce faite au mari), de Daniel Daert : cadreur
1975 : Elle en veut, de Patrick Rouchon : coscénariste
2004 : Point sublime, de Christian Dob : monteur

Récompenses

1999 : Prix du meilleur film de la Diaspora (prix Paul Robeson) pour Sucre amer, 16e édition du festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), Burkina Faso

2013 : Pioneering Filmmaker Award, 21e édition du festival panafricain du film de Los Angeles ((en): PAFF-LA), Los Angeles pour l’ensemble de sa carrière

2021: Ubuntu d’or du meilleur long métrage, 1re édition du Festival International Africain des Performances, pour le film Yafa – Le pardon

2022: Sotigui d’Honneur, 7e édition des Sotigui Awards

Dernière apparition télé de Christian LARA

En plus de ses réalisations cinématographiques, il convient de souligner que Christian Lara a été un fervent soutien et partenaire de la chaîne de télévision ETV.

En ces moments de tristesse, nous présentons nos plus sincères condoléances à la famille et aux amis de Christian Lara, au nom de toute l’équipe d’ETV. Son héritage cinématographique continuera de briller comme une étoile dans le ciel du cinéma antillais, inspirant les générations futures à poursuivre sa quête de vérité, de beauté et d’authenticité à travers l’art du cinéma. Christian Lara restera à jamais dans nos cœurs et sur nos écrans.

L’équipe d’ETV

La disparition de Christian Lara est un choc pour tous, mais son héritage demeure. Il a laissé derrière lui une mosaïque d’œuvres qui continueront d’illuminer le cinéma antillais pour les générations futures. Son esprit, sa passion et son dévouement vivront éternellement à travers ses films.

Au revoir, Maestro.

Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp
Replay ETV

A revoir sur ETV

A revoir SUR ETV