Le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé, ce mercredi 7 octobre 2026, les élections municipales et communautaires organisées les 15 et 22 mars au Gosier. La juridiction retient plusieurs irrégularités susceptibles d’avoir influencé le scrutin, remporté par le maire sortant Michel Hotin avec seulement 107 voix d’avance.
À l’issue du second tour des élections municipales du 22 mars 2026, la liste conduite par Michel Hotin avait obtenu 4 811 voix, soit 50,56 % des suffrages exprimés, contre 4 704 voix, soit 49,44 %, pour la liste de Keeter Sylvain. Sur 9 515 suffrages exprimés, seulement 107 voix séparaient donc les deux listes.
Plusieurs candidats et électeurs avaient saisi le tribunal administratif de la Guadeloupe afin de contester la régularité du scrutin (voir itw et article Me Alain Roth du 30 septembre). Parmi les griefs invoqués figuraient notamment l’utilisation de moyens de communication de la commune, des affichages électoraux irréguliers, la cérémonie de promotion de 80 agents municipaux et la présence de nombreux soutiens vêtus de bleu roi dans les bureaux de vote. ( Lire les jugements 2600417_1)
LE PIGE TV également cité dans le recours
Le réseau de communication par WhatsApp LE PIGE TV apparaît également dans les griefs formulés par Maître Alain Roth. Celui-ci dénonçait notamment un partenariat payant avec cette structure, une couverture qu’il estimait excessive de la campagne du maire sortant ainsi que le relais de plusieurs événements et publications liés à sa candidature. Il soutenait que cette exposition médiatique avait pu constituer un avantage au bénéfice de Michel Hotin. Toutefois, le tribunal administratif après avoir retenu trois autres irrégularités qu’il estimait suffisantes pour altérer la sincérité du vote compte tenu du faible écart de 107 voix, le tribunal a précisé qu’il n’était « pas besoin d’examiner les autres griefs de la protestation ».
Une cérémonie organisée quatre jours avant le premier tour
Le tribunal a notamment examiné la cérémonie organisée le 11 mars 2026, quelques jours seulement avant le premier tour, au cours de laquelle 80 agents communaux ont bénéficié d’une promotion de grade.
Cette cérémonie avait été mise en avant sur les réseaux sociaux. Les requérants considéraient qu’elle constituait une opération de communication susceptible de favoriser le maire sortant en pleine période électorale. Le dossier soumis au tribunal mentionne expressément cette cérémonie parmi les actions contestées au regard de l’article L. 52-1 du code électoral. (Lire les jugements 2600417_1)
Des affichages électoraux également contestés
Autre élément retenu dans le contentieux : les conditions d’affichage de la campagne.
Les requérants dénonçaient des affichages massifs en dehors des emplacements autorisés, ainsi que l’utilisation de véhicules sonorisés portant les visuels de campagne du maire sortant. (Lire les jugements 2600417_1)
Une affiche installée sur la permanence électorale de Mare-Gaillard a également été mise en cause en raison de ses dimensions. La question de l’affichage figurait d’ailleurs dans plusieurs des recours déposés après le scrutin. (Lire les jugements 2600404)
Le « bleu roi » au cœur de la contestation
Le tribunal s’est également intéressé aux événements survenus les jours mêmes des scrutins.
De nombreuses personnes présentes dans les bureaux de vote, parmi lesquelles des soutiens de Michel Hotin, étaient vêtues de tee-shirts ou de vêtements bleu roi, couleur utilisée pendant sa campagne électorale.
Les requérants estimaient que cette présence pouvait constituer une forme de pression sur les électeurs. Ils dénonçaient également des publications diffusées sur les réseaux sociaux pendant la période électorale. (Lire les jugements 2600417_1)
Seulement 107 voix d’écart
C’est surtout le très faible écart entre les deux listes qui donne une importance particulière aux irrégularités relevées.
Michel Hotin avait remporté le second tour avec 107 voix d’avance, représentant un écart de seulement 1,12 % des suffrages exprimés. ( Lire les jugements 2600412)
Le tribunal administratif a finalement décidé d’annuler les opérations électorales des 15 et 22 mars 2026 pour la désignation des conseillers municipaux et communautaires du Gosier. Les autres recours examinés le même jour sont ainsi devenus sans objet du fait de cette première annulation. ( Lire les jugements 2600419)
Cette décision remet donc en cause le résultat des municipales de mars 2026 au Gosier et ouvre une nouvelle séquence politique dans la commune.












