Il est des masques qui finissent toujours par tomber, et des technologies qui, parfois, ont le mérite de mettre à nu la vérité des hommes. La vidéo récemment diffusée par Laurent Petit, candidat malheureux aux élections municipales de Saint-François, n’est pas une simple maladresse de communication. Elle est le symptôme d’un mal profond, le crachat du mépris jeté au visage d’un peuple qui n’a que trop subi.
Comment un homme qui prétendait représenter la Guadeloupe, défendre son pouvoir d’achat et porter la voix de ses enfants à l’Assemblée nationale, peut-il s’abaisser à de telles images ? Ce double discours est insupportable. D’un côté, la main sur le cœur devant les caméras de télévision locale pour quémander des suffrages ; de l’autre, le ricanement fielleux et la condescendance une fois le dos tourné.
On ne bâtit pas l’avenir d’un archipel sur le reniement de son histoire, ni sur la dérision de son identité. Ce territoire n’est pas un marchepied électoral pour ambitieux en mal de reconnaissance, encore moins un laboratoire pour préjugés d’un autre âge.
Le sursaut unanime de la classe politique guadeloupéenne
Face à l’infamie, la réponse ne s’est pas fait attendre. Et pour une fois, l’échiquier politique guadeloupéen a su faire taire ses divisions pour faire bloc autour de l’essentiel : la dignité.
- L’indignation républicaine : De la Basse-Terre à la Grande-Terre, les maires, conseillers et parlementaires ont immédiatement fustigé une posture jugée incompatible avec l’éthique et le respect dus aux citoyens.
- La sanction du parti : Preuve du caractère radioactif de la séquence, la fédération locale du Rassemblement National elle-même a dû acter la radiation de son ancien candidat. Quand un appareil politique est contraint de couper une branche pour ne pas être asphyxié par l’opprobre, c’est que la limite du tolérable a été franchie.
- L’unité territoriale : Les mouvements progressistes, nationalistes et humanistes de l’archipel ont rappelé d’une seule voix que la Guadeloupe n’est pas une terre de compromis avec le mépris.
Ce qu’il faut retenir : On ne peut pas aimer la Guadeloupe à moitié. On ne peut pas aimer ses paysages et mépriser son peuple.
Le verdict des urnes à Saint-François l’avait déjà relégué aux marges ; le verdict de la morale publique vient de l’achever. Que cette affaire serve de leçon à tous les apprentis sorciers de la politique locale : le peuple guadeloupéen est souverain, fier et debout. Et il ne tolérera plus qu’on l’insulte en coulisses.




















