Maître Julien Roelens, avocat de Jordan Rizzi, était l’invité d’ETV pour revenir sur l’affaire judiciaire visant son client. Dans cette interview exclusive, il a souhaité apporter des précisions sur la procédure, la remise en liberté de Jordan Rizzi et la position de la défense.
L’affaire Jordan Rizzi continue de susciter de nombreuses réactions en Guadeloupe et plus largement aux Antilles. Après une forte médiatisation autour de son placement en garde à vue, de son déferrement et de son placement en détention provisoire, son avocat, Maître Julien Roelens avocat au barreau de Paris, a souhaité s’exprimer sur ETV.
Dès le début de l’entretien, l’avocat explique être intervenu à la demande de Jordan Rizzi, aux côtés de son associé Antonin Gravelin Rodriguez, afin d’assurer la défense de ses intérêts. Selon lui, un déséquilibre médiatique s’est installé dans le traitement de cette affaire.
Maître Julien Roelens estime en effet que la garde à vue et le placement en détention provisoire de son client ont été largement relayés, alors que sa remise en liberté aurait été beaucoup moins mise en avant.
Il y a eu comme un silence radio au moment de sa remise en liberté, qui est pourtant un événement important dans une procédure dès lors qu’elle est médiatisée », explique l’avocat.
Une affaire ancienne, couverte par le secret de l’instruction
Interrogé sur l’origine du dossier, Maître Julien Roelens rappelle qu’il ne peut pas entrer dans le détail des éléments de l’enquête, en raison du secret de l’instruction.
Il indique toutefois que la séquence récente démarre avec le placement en garde à vue de Jordan Rizzi, à la suite d’accusations portées par trois personnes. Une garde à vue de 48 heures que l’avocat qualifie de « parfaitement logique et cohérente » au regard de la gravité des accusations.
Mais selon lui, son client aurait apporté « énormément d’éléments » durant cette garde à vue. Il souligne également que Jordan Rizzi était entendu avec deux autres personnes, qui n’auraient pas fait l’objet d’un déferrement, contrairement à lui.
La détention provisoire au cœur du débat
Une grande partie de l’interview a porté sur la détention provisoire de Jordan Rizzi. Maître Julien Roelens rappelle que cette mesure reste, en droit français, une exception.
Il cite notamment l’article 144 du Code de procédure pénale, qui encadre strictement les conditions permettant de placer une personne en détention provisoire avant son jugement.
Pour l’avocat, cette mesure constitue une atteinte particulièrement forte à la présomption d’innocence.
« Une personne n’a pas encore été jugée, elle est présumée innocente, elle a encore tout à faire en matière de droits de la défense », rappelle-t-il.
Maître Julien Roelens dit comprendre la garde à vue et la mise en examen, qui permettent selon lui à l’enquête d’aller au bout. En revanche, il conteste la nécessité du placement en détention provisoire dans ce dossier.
Selon lui, les faits reprochés sont anciens pour une partie d’entre eux, certains auraient déjà été portés à la connaissance de la justice par le passé, et Jordan Rizzi était resté en liberté pendant cette période.
Une décision annulée en appel
L’avocat précise que la défense a fait appel de l’ordonnance de placement en détention provisoire. La chambre de l’instruction a ensuite réexaminé le dossier.
Selon Maître Julien Roelens, cette juridiction a considéré que la détention provisoire n’était pas l’unique moyen d’assurer la sécurité et la sérénité de l’instruction.
Jordan Rizzi a donc été remis en liberté sous contrôle judiciaire le 21 mai 2026.
L’avocat insiste sur un point : selon lui, cette remise en liberté n’est pas liée à son état de santé ou à une quelconque tentative de contourner la détention. Elle résulte d’une décision judiciaire prise après examen du dossier.
« Jordan Rizzi est sorti uniquement parce que son dossier n’imposait pas, en l’état, la détention provisoire », affirme-t-il.
Un contrôle judiciaire en métropole
Jordan Rizzi se trouve désormais en métropole, sous contrôle judiciaire. D’après son avocat, cette solution permet à son client de retrouver une forme de sérénité et de distance avec la pression locale.
Maître Julien Roelens explique que cette proposition avait été formulée dans le cadre de la demande de remise en liberté : Jordan Rizzi s’engage à rester à disposition de la justice et à revenir en Guadeloupe à chaque convocation.
L’avocat souligne également que la Guadeloupe est un territoire où son client est facilement reconnaissable, ce qui rendrait plus difficile, selon lui, le recul nécessaire à la préparation de sa défense.
La question de l’état de santé de Jordan Rizzi
L’interview est également revenue sur l’hospitalisation de Jordan Rizzi après son incarcération.
Maître Julien Roelens évoque un « choc carcéral », phénomène qu’il décrit comme fréquent chez des personnes incarcérées pour la première fois. Selon lui, il ne s’agissait pas d’une stratégie, ni d’une volonté de simuler un état suicidaire, mais d’un effondrement psychologique lié à l’incarcération.
L’avocat affirme que son client a été pris en charge en milieu hospitalier sous contrainte, dans un cadre compatible avec son statut de détenu à ce moment-là.
Aujourd’hui, selon Maître Julien Roelens, Jordan Rizzi reste affecté par la situation, mais il serait « concentré » et « déterminé » à préparer sa défense.
« Il ne se bat même pas pour sa carrière ou pour sa réputation. Il se bat pour son honneur, pour sa famille, pour son nom », déclare l’avocat.
Réseaux sociaux et justice médiatique
Autre point central de l’entretien : le rôle des réseaux sociaux dans cette affaire.
Maître Julien Roelens distingue clairement deux dossiers : le dossier judiciaire, qui relève de la justice, et le dossier médiatique ou numérique, alimenté par les réseaux sociaux.
Selon lui, certaines accusations diffusées en ligne sont difficiles à vérifier et ne permettent pas une véritable défense contradictoire.
« Une plainte n’a pas sa place sur les réseaux sociaux. Une plainte a sa place devant la justice », affirme-t-il.
Interrogé sur la plainte en diffamation déposée par Jordan Rizzi contre des publications en ligne, l’avocat estime que son client a cherché à se défendre face à des accusations publiques ayant eu des conséquences sur sa réputation, mais aussi sur ses collaborations professionnelles.
Pour Maître Julien Roelens, la justice ne peut pas se faire sur les réseaux sociaux, mais uniquement devant un juge d’instruction et, le cas échéant, devant un tribunal.
La défense conteste les accusations
Sur le fond du dossier, l’avocat reste prudent en raison du secret de l’instruction. Il affirme toutefois que Jordan Rizzi conteste les faits qui lui sont reprochés.
Selon Maître Julien Roelens, son client entend démontrer, au cours de l’instruction, que les accusations ne correspondent pas à la réalité des faits et ne constituent pas les crimes ou délits évoqués dans la procédure.
L’avocat rappelle que l’enquête se poursuit et que la défense va désormais travailler sur le fond du dossier dans les semaines et les mois à venir.
Un dossier judiciaire toujours en cours
À ce stade, Jordan Rizzi reste mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. L’instruction se poursuit.
Cette interview marque toutefois une prise de parole importante de la défense, après plusieurs semaines de médiatisation intense autour de l’affaire.
ETV rappelle que les faits évoqués dans ce dossier restent présumés à ce stade de la procédure. Jordan Rizzi bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.
NB : Les faits évoqués restent présumés à ce stade et relèvent d’une procédure judiciaire en cours. Jordan Rizzi bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice.




























