Réunis en Congrès ce 24 juin 2026, les élus départementaux, régionaux, les parlementaires et les maires de Guadeloupe se penchent sur l’un des dossiers les plus sensibles de l’archipel : l’eau potable. Entre infrastructures vieillissantes, difficultés financières du SMGEAG et attentes fortes de la population, les acteurs publics sont appelés à définir des solutions concrètes pour sortir durablement de la crise.
La question de l’eau demeure l’un des principaux défis auxquels la Guadeloupe est confrontée depuis plusieurs décennies. Malgré les réformes engagées ces dernières années et les investissements importants consentis par les collectivités et l’État, les coupures récurrentes, les pertes sur les réseaux et les difficultés de distribution continuent d’affecter une partie importante de la population.
C’est dans ce contexte que s’est tenu ce jeudi 24 juin le Congrès des élus départementaux, régionaux, des parlementaires et des maires, consacré entièrement à l’avenir du service public de l’eau et de l’assainissement en Guadeloupe.
Une crise structurelle qui perdure
Le rapport présenté aux élus rappelle que la situation actuelle résulte d’années de sous-investissement, de réseaux vieillissants et d’une gouvernance longtemps fragmentée. Avant la réforme de 2021, plusieurs structures se partageaient la gestion de l’eau sur le territoire, rendant complexe la coordination des interventions et la programmation des investissements.
La création du Syndicat Mixte de Gestion de l’Eau et de l’Assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) devait permettre de rationaliser cette organisation. Si cette réforme a apporté un cadre institutionnel plus cohérent, elle n’a pas encore permis de résoudre l’ensemble des difficultés héritées du passé.
Les pertes sur le réseau restent considérables et certaines communes continuent de subir des tours d’eau réguliers. Les infrastructures nécessitent toujours d’importants travaux de réhabilitation et de modernisation.
Plus de 320 millions d’euros mobilisés
Depuis 2023, une nouvelle gouvernance associant l’État, la Région Guadeloupe, le Département et le SMGEAG a été mise en place autour d’un plan d’action 2024-2027.
Ce programme repose sur un plan pluriannuel d’investissement de près de 320 millions d’euros destiné à améliorer durablement les réseaux d’eau potable et les infrastructures d’assainissement.
Parallèlement, le Conseil départemental a annoncé en 2026 la mobilisation de 150 millions d’euros supplémentaires pour accélérer la réparation des fuites et améliorer la distribution sur les secteurs les plus touchés.
La Région Guadeloupe souligne pour sa part avoir mobilisé plus de 226 millions d’euros depuis 2018 à travers des travaux, des subventions, l’accompagnement des usagers et la gestion des fonds européens destinés au secteur de l’eau.
Une situation financière préoccupante pour le SMGEAG
Malgré ces efforts, la situation financière du SMGEAG demeure fragile. Les documents présentés au Congrès évoquent un déficit structurel important, des impayés élevés et des difficultés persistantes de recouvrement des factures.
Les élus pointent également les défis liés aux ressources humaines, à l’organisation interne du syndicat et à la nécessité d’améliorer les performances opérationnelles du service.
Face à ces constats, plusieurs pistes sont envisagées : renforcement de la lutte contre les fuites, amélioration de la gestion financière, modernisation des outils de suivi des réseaux et préparation de la future régie appelée à succéder au SMGEAG.
Trois axes majeurs pour la sortie de crise
Les débats du Congrès doivent permettre d’examiner plusieurs résolutions structurées autour de trois priorités.
Le premier axe concerne la sécurisation des réseaux avec un plan d’urgence consacré à la réparation des fuites et au renouvellement des canalisations les plus dégradées.
Le deuxième axe porte sur la gouvernance et l’équilibre financier du SMGEAG afin d’assurer la pérennité du service public.
Enfin, le troisième axe vise à renforcer l’accompagnement des usagers avec notamment la mise en place d’une tarification sociale de l’eau, le soutien à l’équipement en citernes pour les populations les plus exposées aux coupures et le développement des formations dans les métiers de l’eau.
Une responsabilité collective
Au-delà des enjeux techniques, le rapport insiste sur la nécessité d’une mobilisation collective associant l’État, les collectivités, le SMGEAG, les acteurs économiques et les usagers.
L’objectif affiché est désormais de transformer les investissements engagés en résultats concrets pour les habitants, avec une amélioration visible de la continuité du service, de la qualité de l’eau distribuée et de la confiance des usagers.
Les conclusions du Congrès doivent permettre de définir une feuille de route commune pour les prochaines années, dans l’espoir de mettre fin à une crise qui pèse depuis trop longtemps sur le quotidien des Guadeloupéens.





























