Madame, Monsieur, bonjour. On commence avec ces tensions persistantes en Guadeloupe et une soirée sous haute tension à Jary après les barrages routiers d'hier. La situation est restée électrique ce mercredi soir au lendemain de perturbations d'envergure ayant entravé la circulation sur plusieurs axes routiers majeurs. En particulier autour de la zone industrielle de Jary, le représentant de l'État a affiché une fermeté totale face à un préfet qui refuse tout dialogue avec le mouvement contestataire. Ce dernier appelle à élargir la mobilisation à l'échelle de l'île. Dès les premières heures de la journée, la circulation avait été entravée par l'installation de barrages. Des tas de gravats et de tuffs avaient notamment été déversés sur les voies d'accès à Jary, compliquant grandement l'accès à la zone d'activité. Pour riposter, l'administration prévectorale a fait appel à des engins de chantier lourds afin de rétablir la circulation. Le préfet Thierry de Vimeux a justifié cette intervention musclée par la nécessité de préserver le tissu économique local. On ne peut pas accepter qu'une minorité de personnes bloque l'économie de la Guadeloupe. Selon lui, l'enjeu est double, garantir la liberté de mouvement et permettre aux entreprises locales de poursuivre leurs activités. Un autre point de crispation oppose l'exécutif local au collectif Noulas-Palais. Le préfet a publiquement mis en cause les manifestants en affirmant que les débris utilisés pour bloquer les routes comprenaient des déchets amiantés, qualifiant cet acte de particulièrement répréhensible sur le plan légal. Une accusation formellement rejetée par les membres du collectif qui nie en bloc la présence d'amiante dans les gravats employés lors des actions de blocage. Pour l'heure, le dialogue est totalement rompu. Thierry de Vimeux a clairement exclu toute entrevue avec Noulas-Palais, contestant la légitimité de ce mouvement. Il a rappelé que les discussions sur les thématiques soulevées étaient déjà menées depuis plusieurs semaines avec les syndicats et organisations reconnues comme officiellement représentatifs des secteurs concernés. Alors que le calme semblait revenu en fin d'après-midi, la situation s'est détériorée à la tombée de la nuit. Des contestataires ont tenté de perturber les opérations de nettoyage menées par les services de l'État, allant jusqu'à escalader les engins de déblayage. Peu de temps après, un nouveau barrage a été érigé non loin du rond-point tout juste libéré, combinant flammes et éclats de verre sur la chaussée, une situation qui a provoqué l'agacement et la colère de certains conducteurs bloqués. Du côté du collectif, la réaction ne s'est pas faite attendre. Interrogé sur la situation sur plusieurs médias, Rudy Tessier, porte-parole du mouvement, a dénoncé l'absence d'ouverture de la part de l'État, affirmant qu'une lettre ouverte était restée sans réponse concrète depuis une quinzaine de jours. Et il indique que la seule réponse du préfet, c'est la répression. C'est ce qu'il a déclaré avant d'inviter l'ensemble des sympathisants à intensifier et à structurer le mouvement sur l'ensemble du territoire guadeloupéen. Notez que 91 gendarmes ont été mobilisés par l'État pour rétablir la circulation. Des entreprises ont également été réquisitionnées afin d'évacuer les gravats et les obstacles présents sur la chaussée. La préfecture a salué le professionnalisme des forces de l'ordre lors de cette opération menée, dit-elle dans le calme et sans faire de blessés, tout en rappelant que les auteurs d'infractions s'exposent à des poursuites judiciaires. Le préfet de la Guadeloupe, qui rejette d'ailleurs toute légitimité au collectif Noulas-Palais, privilégiant le dialogue avec, on l'a dit, les instances socioprofessionnelles représentatives. Face au blocage à Jary, à l'État à procéder, on l'a dit, à ces opérations de déblayage, la préfecture a par ailleurs rappelé que les infractions seraient poursuivies en justice et a souligné la présence d'amiantes dans les gravats déversés sur les routes. L'une des entreprises réquisitionnées, la Société Antillaise de Travaux Publics, dans un communiqué, informe la population guadeloupéenne que son matériel a bien fait l'objet d'un arrêté de réquisition de la part du préfet de la région Guadeloupe. En tant qu'entreprise guadeloupéenne, SATP indique respecter bien évidemment le droit de grève et de blocage qui sont parties intégrantes de la culture sociale et syndicale, dit le communiqué. Mais c'est également ce même respect du droit qui a amené, SATP a amené, à réaliser cette intervention contrainte. Ce jour, au rond-point de Moudongue, fin de citation, selon nos informations, d'autres entreprises réquisitionnées ne se sont pas manifestées. Indignés par la position de l'État qu'ils jugent irrespectueuse, les manifestants, eux, rassemblés à Moudongue, dénoncent une situation tendue. Le collectif appelle d'ailleurs la population à un grand rassemblement au parcours sportif de Jarry pour une marche pacifique et l'élargissement du mouvement. Et d'ailleurs ce matin, selon des informations partagées sur les réseaux sociaux, les blocages et barrages ont gagné plusieurs autres communes de Guadeloupe, comme au Gosier, du côté de Margaillard et Granbois, à Vieuxfort, Bastère, Bémao, du côté de Fonçaraille, Bosse-Rédon également, à Mornalot ou encore à Montebello. Des barrages sporadiques, pour certains, rapidement levés depuis ce matin, contrairement à ceux de Jarry, où les militants du collectif Noulaspalé sont en place. De plus, de nombreux appels au blocage du port et de l'aéroport ont circulé sur les réseaux, tout comme une invitation aux Guadeloupéens à se préparer à un mouvement qui s'inscrirait dans la durée. Voilà pour l'essentiel de l'info, excellente journée !

















